• Textes

    What Fucking Is It?

  •  

    Les pas se rapprochent, lentement. Je les entends. Vont-ils se stopper devant ma porte? Va-t-elle s'ouvrir une nouvelle fois et illuminer mon univers sombre? J'ai du mal à comprendre l'heure qu'il est. Il doit être minuit. Ou peut-être bien midi? Je ne sais plus vraiment, le temps semble éternel ici. Parce que quoi qu'il se passe, qu'importe l'heure. Dans ma tête résonneront toujours les cris et les pleurs d'une vie ancienne. De mes yeux, je verrais toujours l'obscurité de ma cellule. Et j'entendrais toujours les pas des inconnus arpentant le couloir blanc d'à côté. Demain, l'air aura cette même odeur désagréable de produit désinfectant et les chaines liant mes poignets à mon lit seront encore présentes, serrées à m'en briser les os. Simplement parce que les pas qui se rapproche n'existent pas. Et que le ciel est toujours noir même lorsqu'il fait soleil.

    La joie est morte. Vive la joie. 


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  • contre-plongée 

    __     't si tu t'taisais?       __

    - For what?

    __     Écouter la night.       __

     

     

      Il était dix heure du soir et le seul bruit qu'on aurait dû entendre aurait été le son des sirènes des bagnoles de flics dans les bas quartiers. Pourtant, la fréquence semblait pas bonne. Y avait comme une mauvaise réception sur les ondes fm. Un je-sais-trop qui me tordait le ventre - la peur? - et qui faisait siffler mes oreilles - les rires des cons, sûrement. Assis sur mon trottoir sale, je fixais la nuit créer des ombres fascinantes sur la peau de Josh. Les rires de Mike et de Luke brouillant les paroles du chanteur quelconque diffusé par le poste radio posé sur la voiture à côté de Lucas, The chef. C'était la merde. On le sentait tous. On le savait tous. Alors, on est resté. A se marrer. A danser. A fumer pour Luke et Mike.
      Parce qu'au fond, entre nous-deux, on savait très bien que j'étais pas le plus malin et que ma bande était toujours celle qui répondait. Lucas nous disait souvent qu'on avait pas à se casser de chez-nous juste parce que des cons venaient nous les briser. Alors, on restait. Alors, on attendait votre venu. Je t'attendais pour danser tout en sachant qu'une fois que quelqu'un aurait prévenu les poulets de notre battle... on s'enfuirait tous et tu m'attendrais dans une ruelle pour qu'on rentre ensemble. 'Cause, one night, you fell for me and I fell for you. Were're falling in love.
      La musique était encore une fois trop rapide pour Josh et, fallait se l'avouer, rendait la situation cocasse. Voir un grand gaillard comme lui essayer de nouvelles figures de break dance sans réussir à se caler sur le rhythm, ça faisait toujours marrer les boys. On le laissait se dandiner de manière grotesque en espérant que ta bande de "sales cons" allait pas se rameuter à ce moment là et se foutre de notre gueule. Sauf que comme toujours, la vie n'offre jamais de cadeaux. Et au fond du downtown, y a toujours un regard, le tien, qui me suivait partout où j'allais. Le regard de Pyrame qui faisait celui qui me connaissait pas, qui riait jamais avec moi, qui chantait jamais pour moi, qui vivait pas en face de chez moi et qui couchait pas avec moi, et ça faisait mal. 

    Alors, dans notre p'tite rue, on s'amusait avec les boys


    On attendait simplement. Comme presque chaque soir.
    Dans la pire zone du monde.
    Into the darkness.
    Dans la pire zone d'la ville. Je t'attendais. Comme chaque soir.

      Les autres ne savaient pas. Il ne le fallait pas, tu disais. Si ça se découvrait, on finir comme dans West Side Story. Tu étais mon Tony et j'étais ta Maria. Et on allait repeindre la city de notre amour, tu disais. Parce que j'étais ta bêtise et t'étais le sommet de mon monde, ma merveille du monde, ma pyramide. On allait se barrer d'ici aussi, je t'croyais. On aller se casser de cette fausse Vérone et aller jusqu'à L.A. ou San Francisco à la Gay Pride. Je voulais marcher main dans la main avec toi sur des passages piétons multicolores et pouvoir sourire. Vivre au soleil et ne pas avoir pur de croupir à l'ombre. On allait y arriver, tu l'disais. Et comme toujours, le soir, tu t'rappliquais pour m'confronter à la réalité. Parce que c'était la vie.

      You was my enemy.
      You was my friend, too.
      You was my world, my universe.
      You was my everything. My all.
    My enemy. 

      A la même heure, ta bande de cons se pointait dans notre rue et faisait enrager Lucas. P't-être un suicide collectif? Vous étiez a suicide squad? J'sais pas mais vous étiez tous là à nous regarder en chiens affamés. Prêt à nous dévorer. A force, on se connaissait tous. Chacun savait les défauts de l'autre alors, on faisait plus gaffe aux qualités. Je crois que c'est ça qui nous a perdu. On avait les réflexes mous. Trop habitués.

    Fucking Same Old War.

      Ton visage à moitié caché derrière ton immense écharpe noire, comme le cœur de Lucas, j'le connaissais comme mon flip. Le nez fin, beautiful blue eyes et une fine bouche toujours souriante que tu cachais lorsqu'ils étaient là. Les sales cons. Tu me reprenais souvent sur ça. C'est vrai, c'tait tes potes. Au fil du temps, j'avais eu le loisir de t'étudier. C'était devenu habituel.
      Dans ta bande, je savais que vous étiez cinq. Comme nous. Et votre chef, s'appelait Tom. Tom aimait bien s'battre avec des couteaux parfois alors, depuis qu'on vous avez rencontré... Lucas en avait toujours un dessus. Sauf que cette nuit, il a servit. M'en veux pas, Pyrame. Après, les autres étaient assez discrets. Sauf quand fallait la ramener pour provoquer Josh, le plus tête brûlée de mes gars. And tonight, like everytime, your guys hasn't typical "cool boys" with him. Mec, pourquoi ça doit toujours se passer comme ça? J'ai croisé ton regard quand Tom s'est mit à danser face à Lucas, tu flippais. La peur te faisait transpirer, tu la puais comme l'enfer parce que je te l'avais dis la veille. Je voulais plus danser face à toi. J'en avais assez des battles. J'en avais marre de me cacher et je voulais ma liberté.

      La musique couvrait les insultes et les mouvements des guys pourtant, elle n'était pas assez forte pour que Lucas ne remarque que je ne dansais pas. L'incompréhension dans ses yeux était puissante mais pas autant que mon envie de disparaître de la street. Il m'a regardé et à fixer les connards. T'avais bon mimer l'enjaillement, il a bien vu. Suffisait de lever la tête vers le ciel pour le voir. Ce putain de fil qui s'étendait sur toute la ville de son rouge brillant. Cette net qui partait de nous, nous colorant comme un dessin de gosse. Lucas s'est tourné vers moi et m'a poussé, je crois. Violemment, il m'a éjecté vers toi et bien sûr, tu m'as réceptionné, inquiet. Cette nuit, ça a été la fin.

      Quand tu m'as pris dans tes bras, ça a tout confirmé. Et ça a fait flipper les boys. Lucas a bien sorti son couteau mais, c'est moi qu'il a visé. Tu m'as porté sur je-ne-sais-combien de blocs en pleurant. Tu parcourais la ville de long en large en me demandant pardon pourtant, moi, j'allais. Je repeignais la ville de mon amour pour toi d'un rouge sanglant. I love You. J'avais les yeux vers les étoiles mais ne voyais que de la brume. C'était la fin. Et c'était beau. Sûrement parce qu'on était ensemble, enfin. 

      " Py? ", ais-je murmuré. "Py, regardes le ciel, il est rouge."

      Tu as tourné ton visage baigné de larmes vers moi et m'as regardé inquiet. De l'effroi dans le cœur. J'ai levé ma main vers toi et ais caressé ta joue tendrement, y laissant une légère trace rougeâtre. Et ensuite, je t'ais forcé à fixer le dit-ciel, m'amusant de ta surprise et de ta tristesse. Un bien pour un mal, non? Alors, si je vais mal ce soir... laissez-moi repeindre cette ville noire de mille couleurs. Au moins, un homme ou une femme, un enfant ou un vieux...  quelqu'un serait heureux de ces couleurs gays dans sa ville ténébreuse. Le ciel était nuageux et pourtant, il rendait à NYC sa vieille beauté en faisant briller notre fil amoureux dans les airs. La toile était là. 

      " Py, fais-moi repeindre le monde. S'il te plait. 

    - Je ne peux pas, je peux pas. Tu vas mourir.", as-tu lâché. " Tu vas mourir à cause de... 

    - Et... alors?", le souffle court, j'ai voulu terminer ma phrase avant de cracher le sang qui s'accumulait dans ma bouche. " Dis-toi juste que... Lucas n'était pas assez... gay."

      Les larmes aux yeux, je t'ai entendu dire "Fil gai, feel gay...", cette phrase qu'on se répétait souvent le soir en rentrant et ce fût mon dernier son. L'une des plus belles lyrics qu'on puisse créer sur les ondes telluriques. Je n'ai pas entendu ton cri déchirant m'hurlant de te répondre, de revenir, de t'aimer. Je ne t'ai pas entendu pleurer ma mort ni blâmer ma vie. 

     

      And You never listen to the sound of the car who arrived.


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  • (Rise - Katy Perry)

     

    Les jours de pluies, il était là.

    Les jours de bonheur, il était là.

    Matin et soir.

     

    J'avais beau arriver à l'improviste, il était toujours là, en train d'essuyer des verres précédemment utilisés par des alcooliques.  Des fois, je me suis demandé s'il ne dormait pas les yeux ouverts puisqu'il avait l'habitude de fixer le monde d'un regard blasé. En réalité,m'a-t-il expliqué un jour, le monde le dégoûtait au point qu'il ne  pouvait fermer les yeux sur lui. Par peur de voir, en rouvrant ses paupières, un endroit de chaos. Un lieu comme les contes de son enfance, fait d'histoires terrifiantes dans une ville souterraine et de pertes douloureuses. Ces histoires pleines de fraternité, de pleurs, de sang... de titans. Le monde réel où un univers pleins de monstruosités dévorantes la vie, quelle pouvait bien être la différence au final, entre eux? Levi se moquait de moi, parfois, lorsque j'essaie de lui expliquer que la Terre était pleine de merveilles et bien meilleure que les textes de son enfance. Levi se moquait souvent de moi. Qu'importe le sujet, au final. Remplissant les boissons de la table dans l'angle de la pièce, discrètement placée dans l'ombre, ou posant les desserts commandés par un couple au bar... Levi profitait toujours d'un bref instant entre deux jugements de la galaxie pour me fixer et soupirer de ma bêtise.  

    J'étais jeune à l'époque. Un peu naïf, aussi. Pourtant, du haut de mes seize ans, je comprenais mon barman. Enfin, c'était ce que je pensais à l'époque. Pour moi, Levi voyait dans le monde un malheur omniprésent car il avait vécu dans ce genre d'univers, savait de quoi il parlait, m'expliquait, me prévenait. Alors qu'en réalité... il se foutait pas mal qu'un jeune lycéen vienne tous les jours le voir, l'écoute parler d'histoire pour gamins et de sujets complexes. Levi, lui, servait juste un client bavard, peut-être, mais pas un ami.

     

    Le jour où tout c'est effondré, il était là.

    Mais pas moi. Et son monde continuait à tourner.

    Le jour où j'ai finalement compris, il n'était plus là.

    Moi non plus. Car mon monde continuait à chuter.

     

    Ma mère est morte à mes dix-sept ans. Et j'ai cessé d'aller au salon de thé de Levi. Pourquoi y retourner? J'avais fugué à mes seize ans et demi, me croyant plus fort que tout et au dessus des lois. J'avais échappé à "ce monde de misère" comme j'avais cru comprendre le sens de la phrase de Levi. Pourtant, à peine avais-je foulé le sol du salon que le barman s'était tourné vers moi, le regard aussi glacial que la neige éternelle dans son cœur. De sa voix grave, il m'avait dit:

    " T'as fugué, gamin?"

    Je crois que le pire, c'était qu'il semblait se moquer de ma réponse pendant qu'il me servait. Il ne s’intéressait qu'à moitié à mon histoire, s'occupant d'autres clients en même temps. Je parlais, pendant longtemps, de ces idées folles dans ma tête que je croyais être vrai. Je pleurais le fait que ma mère m'ignore, me déteste, que mon père ait disparu... Et pourtant, j'avais si faux. Ma mère est morte en venant me chercher. Tuée par un chauffard alors qu'elle avait à peine raccroché avec un Levi furieux d'avoir un sale gosse dans les pattes qui ne comprenait rien. Elle m'aimait et ait morte par ma faute. Mon père, lui, n'avait tout simplement jamais existé. Ma mère m'avait eu seule et élevé seule.

    Pendant seize ans, j'ai tout eu. Et puis, du jour au lendemain, j'ai tout perdu. Levi m'a annoncé, ce jour-là, que j'étais un mioche complètement fêlé qui ne savait pas faire la différence entre une bonne vie et une mauvaise vie. Entre le réel et le fictif. Je n'avais rien compris et été orphelin. Mais, je n'ai jamais remis les pieds dans le salon de Levi.

     

    Sauf Aujourd'hui.

    Les jours de pluies, il était là.

    Les jours de bonheur, il était là.

    Matin et soir.

     

    Aujourd'hui, j'ai vingt deux ans. (Et Levi doit en avoir vingt huit ans. ). Tout est fini pour mieux recommencer? C'était ce que ma mère disait alors, pourquoi ne pas lui faire honneur?

    Un blouson en cuir sur le dos, de vieilles converses rouges délavées par le temps aux pieds et un peu de courage, j'ai poussé la porte vitrée du shop. A l'intérieur, rien ne semble vraiment avoir changé. Le salon de thé s'appelle toujours la "104 brigades" et ses murs sont toujours d'un vert émeraude profond. Les tables, brillantes de netteté dans le blanc immaculé, ont toujours clients autours d'elles. Les tableaux aux murs, wallpapers, affichent encore le mur Maria (premier mur détruit dans le récit de Levi) et des titans. Les serveurs, portent toujours des capes vertes ou des vestes beiges dont des ailes, l'une bleu et l'autre blanche, sont gravés dans le dos comme insigne de la boutique. L'immense bar en pierre se trouve encore sur le côté gauche de l'entrée et les tabourets sont toujours pleins. Il faut que je m'avance...

     

    T.B.

     

    " Pourquoi t'es là? T'as pas de cours, gamin?", me questionne une voix.

    Je me retourne, surpris, et croise d'effrayants orbes d'un gris étrangement lumineux au milieu d'un visage d'albâtre brun et ténébreux blasé par la vie. "Joie, Paix et Amour. Encore un putain de gars flippant", me dise-je.Le barman me fixe, essuyant ses verres avant de me désigner un tabouret vide en face de lui. La boutique n'est pas trop remplie, en même temps, il n'est que deux heures, pourtant, je prends quand même place en face de l'homme. Armin n'arrivera que dans une heure et il fait un froid de malade dehors alors autant rester au chaud loin du lycée, de l'autre côté de la rue. Et puis l'endroit est agréable et diffuse de la bonne musique. Le barman est mignon sous son air méchant et moqueur."

     

    T.B.

     

    Je devrais me stopper. Arrêter mes pas et fuir, pourtant, je me sens obligé d'y aller. Mes paumes moites d’anxiétés attrapent avec mes doigts l'un des siège et le tire sur le carrelage pour me permettre de m'asseoir. Le bruit a dû alerter ce foutu mec puisqu'il se détourne de sa conversation avec un autre futur ancien moi et se tourne vers son nouveau client, moi. D'une manière assez frappante, il n'a pas changé. Il aurait pu vieillir mais non, il a gardé toute sa beauté post-adolescente. Ses cheveux d'ébènes portent toujours la marque de coupage régulier - une habitude qu'il a gardé après son service militaire, m'avait-il dit. Sa peau blanche semble rougit par l'effort, rendant à son visage un soupçon de couleur qui semble lui avoir été volé à la naissance. Un sourire flottera prochainement sur mes lèvres, quand il me reconnaîtra. A moins qu'il ne l'ait déjà fait... difficile à dire avec son air blasé constant.

    " Bonjour, Levi."

     

    T.B.

     

    " J'm'appelle Levi, au fait, gamin. J'serais ton barman toutes les aprems où tu viendras, s'tu veux savoir.

    - Cool, moi, c'est Eren. Eren Jäger. Comme les machines dans Pacific Rim."

    Le fameux Levi me regarde étrangement avant de sourire, comprenant la référence. D'une main d'expert, il dose la quantité suffisante de mousse dans mon latte avant de me servir.

    " M'en doutait, Jäger comme les tueurs de Kaijū... J'aurais plus pensé qu'un gosse comme toi me sortirait le Jäger qui veut dire chasseur en allemand. A vrai dire, un gosse aussi cultivé que toi doit, au moins, parler six langues différentes!", ironise ce con.

    " Eh! Sois pas méchant! J'ai rien fais! Et puis, je suis très cultivé. Je suis sûr que je sais plus de truc que toi..."

     

    T.B.

     

    Il m'a regardé ce jour-là, comme si j'étais un gamin. Un petit garçon à qui montrer la vie. Un ignorant que lui, altruiste par nature, allait aider à remettre sur le droit chemin. Seulement, tout au long de l'année où j'ai côtoyé Levi, je ne me suis jamais rendu compte que c'était bien ce qu'il avait fait. Du début jusqu'à la fin, il n'a cessé de me traité en gamin, de gamin. J'avais beau penser qu'il m'aimait bien, que je mûrissait avec lui... J'ai seulement merdé. Il m'a appris l'allemand - et révélé le terrible secret de Dark Vador -, fait comprendre un maximum de chose... sans jamais m'aider à le comprendre, lui. Sans m'expliquer pourquoi il avait des marques rouges dans le cou, des griffures sur les bras où des cernes. J'ai voulu comprendre et je me suis brûlé les ailes en volant trop près de la brûlante vérité. Ma mère est morte.

    " Gamin.", dit-il simplement en me dévisageant.

    Ainsi voilà tout. Je ris bêtement. Un simple surnom comme avant… sauf que je ne suis plus le même qu’avant. Ma mère est morte. Je vis dans un appartement avec mon meilleur ami, Armin. Je suis étudiant. J’ai arrêté mes conneries stupides. J’ai fini tout ça. Je ne mérite plus le surnom de gosse, de gamin ou de mioche. L’ais-je mérité ou en avait juste la désagréable ressemblance? Ma voix prend le contrôle de mes pensées et comme en latte, comme avant. Le barman hoche la tête et s’active, me fixant du coin de l’oeil. Je sens aussi le regard du lycéen, assit un peu loin, qui me regarde en se demandant qu’est-ce que peut pouvoir faire son ami avec moi. Tsk. J’ai presque envie de me tourner vers lui en lui disant que Levi n’est l’ami de personne. N’aime personne et se fout de tout. Moi aussi, j’ai pensé, un jour… et me voilà. Finalement, alors que je suis à deux doigts d’insulter le gosse qui continue à me fixer, Levi interrompt mon action en me posant ma boisson sur le comptoir.

    " Je ne pensais pas que tu reviendrais après ta fugue.

    - Moi non plus, à vrai dire. Je ne sais même pas ce que je fais ici, honnêtement.”

    Il me fixe de manière étrange avant de sourire. Chose rare pour lui.  Je le vois fixer l’horloge et se tourner vers le lycéen qui est en réalité une lycéenne. Grande, brune et les cheveux courts. Je ne l’avais même pas remarqué tant j’avais peur de revenir ici.

    “Mikasa, c’est l’heure. T’as cours dans dix minutes, faut y aller.”

    La jeune fille hoche la tête et prend ses affaires avant de quitter la boutique non sans avoir lancé un “sayonara, Ani” à l’attention de Levi. L’homme approuve et lui lance un au revoir bref et non délicat comme à son habitude, sûrement. Je reste perplexe. Il avait donc une petite soeur. J’en ai presque envie de rire. Quel ami ne sait pas si l’autre est fils unique ou non? Moi, sûrement. Remarque, je n’étais pas son ami. Ironie du monde. Loin de mes pensées, Levi enchaîne:

    “ça fait longtemps. Ta mère a dû pas mal t'engueuler, je me suis dis que t'étais interdis de café jusqu'à la fin de tes jours.”

    Ma main attrappe ma tasse et la pousse vers mes lèvres en espérant aller assez vite avant que je ne puisse dire de cruelles vérités et pourtant, trop lente, une pique parvient à lui échapper.

    “Levi, ma mère est morte, ce jour-là."

     

    T.B.

     

    “Tu es cruel, vil et affreux! J’avais confiance en toi, Levi! Pourquoi tu es si méchant!? Je t’ai accordé ma confiance moi! Et qu’est-ce que j’apprends? RIEN. Strictement rien, c’est ça le problème! Tu connais toute ma vie, absolument toute! Tu sais même quand et comment j’ai perdu ma virginité, merde! Et moi? Qu’est-ce que je sais de toi? Putain! RIEN. Je ne sais rien de ta saloppe de vie. J’avais confiance en toi, je pensais qu’on était ami et pourtant! Tu m’as planté un couteau dans le dos. Comment t’as pu faire ça? Tu connais même pas ma mère! Qu’est-ce que tu t’es dis??! “Tiens, Eren est là, aujourd’hui! Il avait pas fugué? Allons tout de suite dire à sa mère où il est parc e que ce gosse est un déchet humain et un aimant à emmerdes? En plus, je suis sûr que ça lui fera plaisir de savoir que sa mère va mettre son nez dans sa coc!”

    Mon poing s'abattit sur le comptoire avant même que Levi puisse en placer une. J’avais de la colère envers lui, mon ami. Lui qui venait de me trahir en prévenant ma mère de ma position géographique. Mais bon, il était là. Il était toujours là. Alors peut-être voulait-il que je retrouve ma position  originelle? Celle de lycéen idiot? De gamin?

    “ Ami? Tu penses que je suis ton ami, Eren?”, il semblait choqué par mes propos plus que par ma haine et ma colère. “ Eren, nous ne sommes pas amis, voyons. Tu es juste un habitué du bar. Ok, t’es peut-être un peu plus sympa que les vieux chiants mais… nous ne sommes pas amis, imbécile.”

     

    T.B.

     

    “Dis-moi, Levi, est-ce que ça t’arrives de repenser à ce jour? De te dire que si tu n’avais pas appelé la mère de ce môme, il aurait peut-être une meilleure vie aujourd'hui? De te dire que peut-être que ce jour, si tu avais mieux agi… il n’y aurait pas eu autant de perte? A mais non , c’est vrai…”, j’ironise froidement. “ Tu ne penses pas aux problèmes que tu as pu causer à un pauvre gamin naïf puisqu’il n’était rien pour toi, juste un inconnu dans un bar qui croyait en toi.

      - Eren…”

    Le sourire figé, ma tasse vide et le coeur lourd. Je me relève et voudrais partir. Pourquoi ais-je voulu venir? Je ne sais même pas. Peut-être lui annoncé qu’il a détruit ma vie une fois de plus? Lui dire que je l’avais considéré comme un ami, une dernière fois? Ma colère m’a consumé pendant des années, va-t-elle falloir que je vive avec encore plus de temps? J’ai déjà mal au coeur.

    “ Eren, je suis désolé.”, reprend-t-il. “ Je ne pensais pas à mal, ce jour-là. Je ne me disais pas que je venais de faire une énorme connerie en te laissant partir comme ça. Mes condoléance pour ta mère.

    - Condoléance… hein?”, ricanais-je. “Quel bon vieux mot d’adulte. Encore une manière de me montrer que tu es plus vieux et que je ne suis encore qu’un gamin? Ne te fout pas de moi, Levi. Ne fais pas style que tu t’en veux. On sait tout les deux que tu t’en balec et que comme d’hab, je viens ici pour pleurer sur ma vie tristounette et….

    - Ackerman.

    - Hein?”

    Levi me regarda, l’air moqueur avant de me donner une pichenette.

    “ Je me présente, Levi Ackerman. Maintenant, si tu veux pas que je t'ignore à jamais, devenons amis."

     

    Les jours de pluies, il était là.

    Les jours de bonheur, il était là.

    Matin et soir 

    Le jour où tout c'est effondré, il était là.

    Mais pas moi. Et son monde continuait à tourner.

    Le jour où j'ai finalement compris, il n'était plus là.

    Moi non plus. Car mon monde continuait à chuter.

    Le jour où je suis revenu, il était là.

     

    Car, au final, c'est un jour de qu'elle est morte. Et un jour d'où qu'elle a disparut.

    Nuances.

     

     

    __________________________________________________

     

    The Barman.

    Une histoire sans queue ni tête avec Eren et Levi. Aide à la compréhension: Eren était une jeune lycéen rêveur qui venait souvent boire dans le bar à Levi. Levi était un gentil barman qui lui parlait. Eren croyait qu'ils étaient amis puisqu'il était régulier et qu'ils se parlaient de leur vie privée. Faux. Eren perd sa mère par la faute à Levi et décide de ne plus jamais retourner dans ce bar. Il y reviendra quelques années après pour annoncer le décès de sa mère à son ancien "ami" et pour entendre peut-être des excuses. Levi est là avec un lycéen qui semble comme Eren, il y a quelques années. C'est en réalité Mikasa, la cadette de Levi. Eren parle à Levi et celui-ci s'excuse.

     

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