• Reflet.

    Tous les matins, il est là. D'abord tout sourire et puis, triste et mélancolique.
    Tous les matins, il est là. Il me rappelle mon passé glorieux avec un air cynique.
    Je le déteste. 

    Je me déteste.


    Les erreurs se sont enchaînées à un rythme fou. Je ne les ai même pas vu passer et pourtant, me voilà seul. Elle est partie, il y a bien longtemps même. Je ne me rappelle même plus son visage, ni même son odeur d'ailleurs. Tout ce que je sais, c'est qu'elle est partie. Elle devait en avoir assez de moi, j'étais bien trop odieux et égoïste. M'a-t-elle fuit en hiver? Elle a dû avoir froid en sortant de ma vie. Ou bien, est-ce en été? A l'heure de feu où l'on préfère mourir plutôt que de rester sous les rayons de Dia. J'ai l'impression de n'avoir jamais bougé de mon canapé. Je la voyais, comme dans un film, se déplacer, parler, pleurer, sans jamais réellement comprendre qu'elle vivait avec moi. Qu'elle vivait pour moi.

    Tous les matins, il a un éclat de nostalgie dans les yeux. Preuve de souvenirs.
    Tous les matins, il a cette lueur qu'on les gens perdus. Preuve d'abandon de soi.
    Il se déteste.

    Il me déteste.

    Jusqu'à quand le verrais-je? Il me semble abandonné, comme un enfant sur le bord de la route. Perdu, au milieu d'une vie qui n'est plus à lui. Alors, tout les matins, pour l'aider à surmonter cette solitude constante, je me rends dans la salle de bain et vais le voir. Ses yeux déterminés à mourir me fixe avant de briller par leur envie de déverser sur mes yeux toutes ses colères et ses peurs. Dans le reflet de la glace, il m’apparaît brisé, comme moi. Je me souviens toujours en le voyant pleurer qu'elle me disait que cette personne que je voyais en sale état avait un nom: Moi. Oui..., cette personne c'est moi. Je suis brisé et seul dans cet appartement pleins de souvenirs et de peines. 

    Tous les matins, je me regarde dans le miroir. Elle me manque.
    Tous les matins, je me rappelle que je n'avais cette tête de dépressif avant. Elle me manque. 
    Je la déteste. 

    Il se déteste.

    Alors j'espère que ces affreuses pensées partiront, que je me réveillerais, elle à mes côtés mais, c'est terminé. Ils me l'avaient dit. C'était fini avant d'avoir commencé. Elle n'est plus là pour l'aider à sourire quand je le vois dans le miroir. Elle n'est plus là. Elle n'est plus là! Disparue! Envolée! Morte! C'est vrai, je me souviens. Elle avait cette maladie incurable qui m'a retiré mon âme à vif. Je la déteste de me l'avoir prise.


    Alors, tous les matins, je me réveille et vais voir mon reflet dans la glace. Le reflet d'un homme brisé par le chagrin et la solitude.
    Tous les matins, je pleurs en regardant l'effet que cette mort à eut sur moi. L'abandon de soi. 
    Je déteste le monde d'avoir été incapable de la sauver.

    Je me déteste d'avoir été incapable de l'aider. 
    De l'aimer.

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