• Fière

    Reste fière ...

    " Vois-tu mon enfant, Nous, les femmes. Nous nous devons d'être toujours belle, fière, indiscernable devant les hommes. Fortes. Les hommes nous ont longtemps cru idiotes, inutiles mais vois-tu ma petite, ce n'étaiy que des mensonges, des idioties. Nous sommes toujours là devant eux à leur faire tourner la tête, à les envoûter....

    - Mais comment pouvons-nous êtres si fortes ? Nous ne pouvons pas supporter tout le poids du Monde, grand-mère. C'est impossible !"

    La belle femme prit le visage de son adorable petite fille entre ses vieilles mains ridées cachées sous des gants de soies en souriant. Elle dit alors une chose qui resta gravée dans la petite fille à jamais.

    " Nous ne sommes pas fortes, mon enfant. Nous sommes intelligentes. Nous, les femmes, il nous faut être fortes pourtant... c'est impossible, il arrivera bien un moment où nous craquerions. Alors, il faut mettre un masque. Un masque neutre, qui n'affiche aucune expression et il ne faut jamais l'enlever devant les hommes. De manière à ce qu'ils croient que nous sommes invincibles, fières, droites, fortes.

    - Mais comment mettre un masque? Ils le remarqueront!

    - Anya... ma belle Anya... regarde-moi.... "

    La petite fille planta son regard droit dans celui de la femme qui sourit. La petite fille constata avec horreur que sa grand-mère avait perdu alors toutes ses expressions de bonté et de gentillesses. Le néant. On ne pouvait lire sur ce visage. Il en était impossible à déchiffrer.

    " Voilà mon masque. Contemple-le et reproduis-le. Il te le faudra pour le reste de ta vie."

    _____________

    La belle Anya avait gardé le masque jusqu'au bout. Lors de la mort de sa grand-mère, elle était restée fière alors que toutes et tous s'étaient effondrés. Lorsque sa jeune soeur nouveau née mourut, elle n'avait cillé. Elle était restée droite.  A la mort tragique de son père dans un accident de voiture, elle n'avait pas pleuré alors que sa mère s'était écroulée.  Elle avait vu sa mère devenir alcoolique, folle, triste, rongée par le chagrin... pourtant à sa mort, elle n'avait rien ressentie. Les accidents, les morts continuaient à affluer mais, la belle restée fière. En surface...

    ______

    La magnifique Anya continuais à garder le masque. Lors de son mariage, elle avait été heureuse et son homme avait, alors, comprit qu'elle l'aimait vraiment, il l'avait donc trompé. Fière? Humiliée, elle avait remit le masque. Son fils naquit, elle resta silencieuse en contemplant ce petit être. Il mourut la nuit suivante d'une mauvaise grippe. Elle resta droite, et seule, son mari était loin. Son mari devient brutal, elle resta fière et le résista. Son mari s'excusa et disparut encore, elle n'avait rien ressenti. Sa fille naquit. Elle vécut longtemps en méprisant sa mère et finit par s'enfuir avec un amour de jeunesse. Elle se sentait humiliée mais, elle resta fière. La fierté .... toujours rester droite.


    " Voilà mon masque. Contemple-le et reproduis-le. Il te le faudra pour le reste de ta vie."

    Anya pleurait seule devant son miroir les soirs de solitude et de tristesse. sa fille l'avait quitté en lui adressant les pires insultes, son mari la trompait tous les soirs avec sa secrétaire prétextant avoir du travail loin, sa famille était toute morte... son fils, sa sœur, sa mère, son père, sa grand-mère. Anya pleurait. Et qui donc, pouvait entendre ces larmes silencieuses, ces appels à l'aide? Personne, elle était solitaire.

    Divorce. Fière, elle reste. Sa fille revient enceinte implorant la pitié, Droite, elle continue. Sa fille meurent en donnant la vie. Elle reste indiscernable et abandonne l'enfant indigne. Pauvreté, Famine, Mal-être... alcool.... malgré tous ces mauvaises périodes, Anya reste fière et droite.

    __________

     

                    " Voilà mon masque. Contemple-le et reproduis-le.
                              Il te le faudra pour le reste de ta vie."
     

    Cette phrase a ruiné la vie d'Anya, ce masque, cette prison.... Anya a tout perdu à cause de ça. Tout.

    C'est à l'âge de 40 ans, fatiguée par la vie, triste, solitaire, brisé de l'intérieur mais entière de l'extérieur, avec ses tragiques malheurs, sa pauvreté et sa vie de prostituée qu'Anya mourut. Elle mourut seule dans la nuit, soûl, dans l'eau glacée de la Seine. Avec comme dernière pensée pour ce monde des paroles. Trop dures, trop sèches. Trop réelles.

     " Vois-tu mon enfant, nous, les femmes, nous nous devons d'être toujours belle, fière, indiscernable devant les hommes. Fortes. Les hommes nous ont longtemps cru idiotes, inutiles mais vois-tu ma petite, ce n'était que des mensonges, des idioties. Nous sommes toujours là devant eux à leur faire tourner la tête, à les envoûter... Nous ne sommes pas fortes mon enfant. Nous sommes intelligentes. Nous, les femmes, il nous faut être fortes pourtant... c'est impossible, il arrivera bien un moment où nous craquerions. Alors, il faut mettre un masque. Un masque neutre, qui n'affiche aucune expression et il ne faut jamais l'enlever devant les hommes. De manière à ce qu'ils croient que nous sommes invincibles, fières, droites, fortes.
    Ne jamais montrer ses faiblesses même dans les pires moments, il faut rester fortes. Ravale tes larmes car, ta fierté restera ta plus belle arme. Le bonheur n'existe pas. Ce n'est que le fruit de ton imagination.  Soit forte à jamais.


    Telles sont tes obligations Anya.


    - Pourquoi ne pourrais-je pas jouer avec les autres gamins grand-mère pour une fois ?

    - ANYA ! Ton langage ! On dit "Pour quelles raisons ne pourrais-je donc pas m'amuser à perdre mon temps si précieux à mon éducation à courir et sauter partout comme ces enfants incultes ? " Et la réponse est parce que tu dois être intelligente Anya! Intelligente, Fière de toi, Droite ! Coûte que coûte."

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