• Ces nuits.

    Mal

    "Hey, tu connais le compte de Barbe Bleu?"

    Cette vie-là, je n'ai jamais choisi de l'avoir et pourtant, regardez-moi. Je vais si mal à cause d'elle. Les sourires et les rires ne durent jamais éternellement et cela, je le savais bien en me lançant dans cette foutue histoire pourtant, je le voulais tellement! Je rêvais chaque nuits d'effleurer sa peau de mes mains et chaque matins, je me retrouvais seul. Il n'était là que dans mes beaux et tristes rêves mais au moins, pour une durée de temps limité, il m'appartenait totalement. Est-ce des rêves ou bien de véritables moments? Je ne sais plus. Cette vie de débauche constante me plaisait à l'époque malgré la douleur que j'éprouvais. Je pense qu'au fond de moi, j'aurais tout fait pour que ces simples nuits dans ses bras deviennent éternelles. Je voulais un "Pour Toujours." sans jamais l'avoir. Désespéré, je tentais de le serrer plus fort contre moi, de le faire rester avec moi dans ce lit mais, les plus beaux rêves ont toujours une part cauchemardesque puisque à mon réveil, il n'était jamais là. Avait-il véritablement passé sa nuit à mes côtés et avions-nous donc vraiment fait l'amour? Je ne sais plus. L'alcool ingurgité pendant que Dia déversait ses rayons ensoleillés ma aidé à oublier. Je ne vois plus que le côté flou de cette médiocre histoire. Je vais tellement mal et pourtant, je continue à t'aduler et à vouloir te garder contre moi, dans mon cœur. Juste une nuit, donnez-moi une éternelle noire. 

    "Barbe Bleu, cet homme qui enfermait ses femmes pour les "protéger" de l'extérieur. Du pseudo danger."

    Les rires et les échos disparaissent avec le temps, tout comme les peines de cœur, me disait-il avant de disparaître de mon lit. Chaque fois, il me laissait le même message et une bouteille sur la table de chevet. Un bon scotch aide toujours à oublier la douleur d'un amant perdu. Tu voulais garder ces moments juste pour toi? C'est pour cela que tu glissais toujours dans le liquide de l’oublie et de la haine ce médicament? Je l'ai si souvent vu fondre dans le whisky que je me rappelle toujours à quel moment tu le glisse dans la bouteille. Juste après l'acte, quand tu me penses endormis et que mes yeux sont clos. Tu fais toujours les mêmes gestes. Un baiser sur mes lèvres et tu quittes le lit. Tu tournois un peu dans la pièce avant d'aller vers la table. Le bruit d'un paquet de médicament ouvert et le pétillement d'un objet qui fond. Un pas léger qui te porte jusqu'à mon côté du lit et tu m'embrasses le front en répétant des mots flous. Des "Je suis désolé" ou des "Ne m'en veux pas." sûrement. Je les oublis souvent. Tu pars ensuite de la chambre et ne revient que le matin, vers dix heures, me réveiller en me jetant un verre d'eau au visage. Inconsciemment, tu fixeras la bouteille laissée dans la nuit pour t'assurer que j'ai encore une fois oublier ton écart et bien saoulé mon être puis, enfin, tu me lanceras une plaisanterie du style: "Encore à coucher avec une nana chopée la veille? Tu fais que ça!". Tu ignoreras le pincement de mon cœur et mes yeux humides. Tu les vois jamais ceux-là ou alors, tu les évites comme la peste. 

    Jusqu'à quand ces nuits de plaisirs et de folies continueront-elles? Dites-le moi. Je ne pourrais plus en supporterais plus. Continuer à boire pour oublier que tu es à nouveau partir, continuer à fuir ses sentiments qui ont grandi en moi. Je veux continuer à croire que je ne suis pas qu'un simple passe-temps. Dis-moi une chose, un mot. Donne-moi une explication, une raison de continuer. Je suis écœuré par ce jeu.
    Quand les règles ne plaisent plus aux joueurs, pourquoi continuer? J'en ai assez de souffrir inutilement. J'arrête. S'il vous plait, dites-moi que je suis stupide mais que j'ai raison. Stoppons ces "rêves" sans saveurs.

    "Tu m'y fais penser, à ce Barbe Bleu."

    Tiens, il me regarde de ses beaux yeux sombres. Un faible sourire enjôleur règne sur ses lèvres pulpeuses alors qu'il nous explique la prochaine mission. Ce soir, nous serons riches d'après lui. Il suffit juste de revendre la drogue au plus offrant, je dirais. Ses cheveux raides et d'un blanc immaculé encadrent son visage et quelques mèches m'empêchent de pouvoir le contempler à ma guise en effaçant ses yeux de mon regard triste. Je voudrais partir, maintenant et ne jamais le revoir mais, mon cœur, addictif à cette drogue du nom d'amour m'empêche de bouger. Je reste donc là, assis les mains sur la tête à l'écouter dévoiler le plan. Je n'entends qu'un faible bourdonnement tant mon attention n'est résumé qu'à une chose: en finir. Les rôles s'échangent, s'ajustent et se redistribues, je n'écoute même plus et mes yeux sont fermés. Simple manière de préserver les maigres morceaux d'espoir et d'amour qui ne se sont pas brisés cette nuit après son départ. Cette nuit, je n'ai pas bu et il n'est pas venu me lever. Cette nuit, il n'est tout simplement pas venu parce que je ne l'ai pas laissé entrer chez moi. Je l'ai repoussé d'une manière brutale qui l'a choqué mais, j'en ai assez de ces jeux débiles. Je veux me souvenir et non oublier. Me rappeler de tout, dans les moindres détailles. Les gars partent mais je reste dans la pièce tandis qu'il range les plans du vol. Il me tourne le dos et je ressens toute la peur qui éradique son âme lorsqu'il comprend que je ne suis ni endormi ni parti. Je vois ses muscles trembler et ça me fait marrer qu'il ait si peur de moi, le jour, quand je suis conscient de mes faits et gestes.

    "Qu'est-ce que tu veux? T'as des questions?"

    Sa question résonne, dans le conteneur qui nous sert de QG, à la recherche d'une réponse. D'une promesse que ces nuits continueront pour le meilleur et pour le pire. Seulement, je n'ai aucune envie de lui répondre. Je n'ai pas envie de continuer ce petit jeu douloureux pour moi. Ma main attrape un crayon qui traîne sur la table et écrit sur le fichu bout de papier qui causera la fin de toutes ces nuits. Elle inscrit, noir sur blanc, les trois mots qui termine notre "histoire". Je me relève et quitte le conteneur et cours immédiatement vers mon appartement tandis qu'il me cri de revenir. Rien n'est fini? Voilà ce que tu as décidé de me dire en réponse à mon message? Rien n'est fini. Un sourire idiot se dessine sur mes lèvres évidemment que rien n'est fini, sombre crétin pour qui mon cœur fatigué de ces nuits d'oublis bat puisque, rien n'a réellement commencé. Ce soir, tu ne seras pas dans mon lit et je ne te laisserais pas partir sur la pointe des pieds tandis que tu espéreras ne pas me réveiller. Je t'ai aimé et je t'aimerais toute ma vie si mon cœur le supporte mais, je ne fermerais plus les yeux et n’oublierais plus. J'entends encore ta voix, tu me suis pourtant, je ne t'ouvrirais pas à la tombée de Nox, la belle sombre et ombreuse femme.

    Vous dites que je gâche sûrement la plus belle chose qui me soit arrivée? Est-elle réellement parvenue ou est-ce seulement un mirage? Je ne ferais rien de plus que se qu'il faudra pour sauver mon être de ce cercle sans fin. L'obscurité ne l'aidera pas à quitter ma couche. Pas cette fois. S'il la veut, il devra venir sans peur. 

    Mes yeux se ferment lentement, la nuit est là et lui, non. Je voudrais le serrer dans mes bras et me convaincre qu'il m'aime et que je ne suis pas qu'un jeu mais, il n'est pas là. Il n'a pas tapé à ma porte lorsqu'il m'a vu rentrer. Il s'est simplement stoppé et m'a fixé, les yeux pleins de peines. Un sourire m'est apparut en ce moment mais, je l'ai perdu l'instant d'après. Lorsque j'ai refermé ma porte, seul. J’essaie juste de calmer mes pleurs, dos à la porte d'entrée, qui résonnent dans le salon lorsque j'entends un faible coup donné à la dite-porte. Je pense halluciner jusqu'à ce que le coup devienne plus fort. D'autres viennent rapidement, des poings et des pieds sûrement vu leur intensités, et enfin, sa voix qui me hurle d'ouvrir. J'exécute l'ordre bien heureux de le voir seulement, en entrant dans la pièce, il m'attrape par le col et me plaque contre un mur. Les yeux pleins de colère et de douleur, il me regarde de haut, incapable de me frapper. En me dégageant de l’étau que faisaient ses mains sur mon cou, je me laisse glisser au mur, les yeux fermés. 

    "De quoi tu parlais?
    - Tu le sais très bien. Ne joue pas à ce jeu, je savais très bien ce que tu faisais en quittant ma chambre. 
    - Oh."

    Il se laisse tomber au sol, les poings frappant le béton froid et brut. Tu sanglotes encore misérablement, tête basse, quand je prends mon blouson, mon paquet de cigarette et mes clefs. Il semble réaliser que je suis sur le point de l'abandonner dans mon propre appartement tant il a l'air stupide. Je le dévisage avant d'éclater de rire en voyant sa mine embarrassée et ses yeux rouges. 

    "Si tu penses que je vais tomber dans le panneau, t'as tout faux. Tu ne me la feras pas à moi, je te connais trop bien. 
    - Je ne fais pas semblant, Uta! Je t'aime réellement.
    - Tu connais le conte de Barbe Bleu?
    - Uta, tu n'y es pas du tout."

    "Hey, tu connais le compte de Barbe Bleu?"

    Les paroles et les rires disparaissent avec le temps, tout comme les craintes et les peurs. A force, on ne fait plus attention et nos barrières disparaissent. C'est comme ça que ces nuits-là ont recommencé.

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