• 18/05/2016

    18/05/2016

    Le 18 mai, 2016.

    Lieu: Collège, Maison, Pensées, Bordel. 

    Si l'on m'avait prédit par avance ce que je deviendrais un jour, j'aurais sûrement eus peur. Éprouvée de l'angoisse, de la crainte, de l'impatience et puis, au final, de la déception de réaliser que mes rêves, mes espoirs, ma gloire et mes déboires étaient vînt. Si l'on m'avait dit, au commencement, ce que serait ma vie, je ne pense pas que j'aurais voulu la vivre telle qu'elle aurait dû être. Alors, aujourd'hui, en regardant en arrière et en me disant que, quelques années plus tôt, une petite fille avait rêvé de cette vie... je ne peux que me dire qu'elle était naïve, insouciante et stupide. Qui voudrais de ma vie? Je ne sais pas quoi faire ce soir et ne parlons pas de demain. Lorsque les autres fixent l'avenir, je n'y vois strictement rien. Où est donc passé cette naïve fillette qui souriait à tout va en disant: "Plus tard, je serais écrivain."? Je crois qu'elle s'est perdue quelque part entre la mort de son grand-père, le croisement entre la quatrième et la troisième et la nouvelle avenue qui s'étend à perte de vu devant elle et qui a pour nom Lycée. Oui, je pense que c'est elle, assise par terre et roulée en boule, qui pleure devant les regards impuissants de ses amies qui se battent contre l'injustice, le futur et elles-même. C'est marrant parce que cette gosse là, habillée en blanc et serrant ses poings, elle a déjà regardé en arrière, elle aussi. Elle s'est déjà dit: "Tout est fini. On y peut rien.", comme moi. Peut-être qu'après demain, une troisième fille regarde par dessus son épaule en riant aux côtés de son avenir déjà tout réfléchi et croisa nos regards, à la gamine et moi. J'espère qu'elle nous verra et se retournera nous crier de ne pas avoir peur du "demain" avant de s'en aller voir la vieille, tout au bout du chemin, qui fixe l'océan avec ses petits enfants en se demandant quand eux aussi se verront vieillir et disparaître à l'horizon. 

    Il y a quelques temps, je suis retombée sur mes anciens textes. Il n'était pas vieux, de quelques années ou de quelques mois, et, vous savez ce que j'en ai pensé? Je les ais trouvé bourrés de fautes, pas attachants pour un clou mais merveilleux par la puissance de leur poids dans mon cœur. Ils me semblaient encore plus porteurs de vérités que ceux que je peux utiliser de nos jours. Demain seront-ils à nouveau médiocres et peu digne d'intérêts et après-demain, la vieille les trouvera en chialera. Parce que la vieille, elle se souviendra de ces jours où elle n'avait pas mal au main et la mémoire en gruyère. Elle pleurera en pensant que ces jours étaient les meilleurs de sa vie tandis que la lycéenne, elle, soupira en criant au monde que sa vie ne serait jamais assez longue pour marquer sa trace dans l'histoire et la laisser à jamais, comme une emprunte de dinosaure. La gosse, au sourire figé, fera la moue en hurlant à sa sœur un: "J'ai pas le temps, je suis occupée." tout en écrivant sur une feuille, une table, un chiffon, ses rimes et ses idées. Et moi? Qu'est-ce que je ferais pendant ce temps?

    Je regarde le papier, mon stylo à la main, en butant sur mes mots. 
    Je ne sais plus parler, en disant la Vraie Vérité. 
    J'ai jamais été comme les autres. 
    J'ai jamais pensé comme eux. 
    Mon chemin à moi, j'l'avais tracé dès ma naissance parce que je savais dès le départ ce que je voulais mais, quand l'age de penser bien et de causer avec plus de bruit que les autres m'est tombé dessus, ben, j'savais plus. Je pouvais plus me lever devant ces gens, assise par terre à douter. J'étais incapable de taper des talons et de m'enfuir comme la belle Alice dans son Wonderland. J'ai regardé les autres et ais soupiré parce qu'ils le faisaient tous. J'ai ouvert mon sac de cours, ais retiré ma trousse dedans et ais pris mon stylo. Pas le bic, je l'aime pas. Le plume, celui avec le dessin Hello Kitty dessus parce qu'il me fais marrer en me disant: "J'suis p't-être vieille et peu sûre de tout mais, mon âme n'a pas changé.", que j'ai depuis un moment et qui me fais sourire chaque fois que je le vois. J'ai pris mon accordéon en papier, celui que m'avait offert ce malin type dans ma classe aux beaux yeux arctiques, et j'ai décapuchonné le stylo en laissant la plume à l'air libre, comme si ça allait laisser mes pensées mieux passer dans ma tête. Sans le bouchon. Timidement, j'ai apposé ma plume de fer et inscris ces mots, ce qu'y sont présents dans mon être. 

    Il y en a quatre. Ils sont présents en moi depuis toujours et y resteront gravés. 

    "Peur" - "Espoir" - "Liberté" - "Éternité"
    Il y en aura un cinquième dont les lettres de velours dessineraient le prénom Marie retournées mais, il en est peut sûre.

    Demain, je cesserais d'être petite fille apeurée. Je serais grande fille, la tête haute et la posture droit, fière. J'ai laissé la gosse sur le trottoir, pas loin d'un bar où elle rencontrera d'autres gosses: Une gamine mi-blasée mi-souriante qui passe son temps à chanter ou à hurler sur les gens, un gars un peu agaçant tant il chante trop souvent et s'amuser à embêter les gens (elle s'entendra bien avec lui, elle ne doit pas en avoir peur. J'en ai eus peur pendant un moment et maintenant, même en ne sachant pas quoi dire en le voyant, je n'ai plus peur. Il n'est pas méchant. Il faut juste le connaître.) et la dernière ne sera pas vraiment une gamine plus une sorte de pseudo mini adulte tant son sérieux. (J'lui jure, je connais qu'elle pour vouloir aller en maths à la place d'étude ^^). Alors, faut pas qu'elle chiale la môme. Elle n'est plus pareille maintenant. Elle est forte. Elle est brave. Elle est une écrivain. D'ailleurs, elle participera à deux concours en l'espace de deux ans. Le première, de sa ville, sera un succès puisqu'elle le gagnera. La deuxième, national, qu'elle réussira moins bien puisqu'elle passera le départementale, et le national sans gagner. Quel sera sa position, elle ne le sait toujours pas. 
    Demain, elle sera une grande et passera son histoire des arts. 
    Mais, Juste demain et les jours suivants. 

    Il est trop tôt et aujourd'hui, elle ne veut juste qu'être une fillette. Sans soucis, Sans tracas, Sans peur. 


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